Il énonce avec calme, sa voix basse jouant à faire vibrer tout ce qu’il touche au diapason:
Et parce que l’ambiance féérique, l’alcool, la joie de l’avoir retrouvée saine et sauve, et tous ces souvenirs qui remontaient face à ces grands yeux dorés l’inspirent beaucoup trop - Iskander se penche, truffe frôlant de dangereusement près celle de Mangys. Il s’apprête à l’embrasser, c’est on ne peut plus clair, tournant déjà son museau afin de pouvoir - sauf si Mangys se refusait et se reculait - coller sa bouche barrée de rayures tout parfaitement contre celle de Mangys, paupières tombant doucement sur ses yeux intelligents et infiniment tendres…
Un souffle presque imperceptible avait soulevé ses moustaches violettes, avant que ses lèvres n’esquissent plus qu’un sourire empli de désillusions. Puis Mangys avait cueilli ses lèvres pour lui offrir un dernier baiser. Plus profond celui-là mais aussi délicat que la caresse de son pouce sur le dos de sa main tendue, tandis qu’elle se relevait. La Véséenne ne s’était pas retournée en rejoignant ses amis qui l’attendaient, curieux.
Il continuait de douter. De revivre la douleur du passé. De la revoir peinte dans tous les tableaux imaginables de son futur avec elle. De se mettre, encore et encore, dans des situations où, tôt ou tard, il serait forcément évincé par "l'autre" qui "n'était qu'un meilleur ami. Qu'un père adoptif des enfants. Qu'un compagnon de vie." Qu'un...qu'un...qu'un... qu'un professeur de cours particuliers. [...] - Je n'crois pas que nous aurions dû nous faire les promesses que nous nous sommes faites. Tu t'es liée exclusivement à un ivrogne - oui, je l'admet, j'ai repris la bouteille - et moi, à la source de mon mal-être, et de mon besoin de me noyer jusqu'à trépas dans la boisson. Je n'étais pas dans mon état normal et...je t'ai fait de fausses promesses. Je veux vivre plus. Je veux...m'ouvrir plus, à quelqu'un. Mais la différence est apparemment insurmontable entre vouloir et pouvoir. Indiquant d'un signe de la main au serveur qui se rapprochait de ne pas les déranger, regard sévère pour le pauvre employé qui bifurque aussitôt dans une autre direction - Iskander repose ses couverts. Et pose son menton sur ses pattes ramenée ensembles devant lui. - J'espère que tu n'seras pas trop déçue par ma décision. Je n'm'attends pas réellement à ce que tu la comprennes. En revanche, si cela t'es possible... j'aimerais beaucoup garder contact avec toi. De quelque façon que tu l'envisages. Le temps passé à apprendre à te connaître, je le chérirai toujours et...et qui sait. Peut-être qu'un jour, je serai capable de tenir debout comme un grand ? Sans courage entièrement liquide. Et sans ambiguïtés qui me crèvent à petit feu...
Le réveil est... dur. Et misérable. Iskander a la tête dans le cul - et la gueule qui pue l'alcool fermenté. Et quelque chose de plus terrible encore. Un mal de crâne le vrille à l'endroit exact de son petit point frontal. Il se redresse péniblement du sol où il avait roupillé, à moitié à poil, pantalon et calbut aux chevilles. Wouahou... qu'avait-il donc fait hier soir ? Et avec qui ? Dans ses bras, qui roupille encore doucement... Fraise. Sa toute récente amie, Fraise. La wolte qui avait l'âge d'Izzy, sa fille de coeur. Il n'avait quand même pas....? Au vu de l'état de la petite robe noire de la rose...oh si. Oh si, il avait forcément... Eeeeeeeeeeeeeet merde.
Comment reconnaître un coucheur notoire ? 1- Il ne s'étonne pas d'être dans une demeure inconnue au réveil 2- Il ne se formalise pas sur le fait d'être cul nu 3- Il sait rapidement se retrouver dans une cuisine peu familière Alors qu'il prépare du café et un petit dej sur le pouce - french toast et oeufs au plat🍞🍳 - Iskander navigue les placards et étagères en fredonnant. Torse nu, tatou bien visible. Calbut et pantalon renfilés comme il fallait après une douche rapide dans la salle de bain inconnue.