Après le dessert, les invités furent dirigés vers le dôme, à l'extérieur, qui abritait la scène de concert. Les plus frileux pouvaient choisir de rester au chaud et de regarder la retransmission des différentes performances à l'intérieur de la salle de réception.
Dissimulés dans la pénombre, au centre de la scène extérieure,
la musique semble sortir de nulle part et partout à la fois.
Dans le même temps, deux silhouettes se mettent en branle.
Mikael et Moona Shiro avancent d'un même mouvement vers une corde qui semble pendre depuis le néant. La danseuse au pelage beige pose une main sur le coeur de son époux avant de regarder la foule puis d'effectuer une première pirouette élégante.
Derrière elle, Mikael fait de même, plus discret, moins expansif dans son mouvement: celle qui est mise à l'honneur, sur le devant de la scène, c'est son épouse, la lumière est pour elle. Alors qu'elle danse souplement, captivant les regards par sa grâce, le woltarien bleu se prépare, prend son élan, décolle, tourbillonnant dans les airs avec légèreté. Il bascule, tête en bas, sa posture se faisant l'inverse de celle de Moona. Il finit par rejoindre souplement la terre ferme et ouvre ses bras. Les regards s'accrochent, un sourire confiant flottant sur les visages des deux époux dont l'alchimie et le lien transcendent la scène. Dans les bras de son partenaire, tel un ange, la danseuse s'envole enfin. Le duo enchaine les postures acrobatiques, aussi légers et à l'aise dans les airs qu'un chamoiseau. Suivant le rythme de la musique, ils dansent, se poursuivent, s'envolent presque jusqu'au dessus des têtes des spectateurs. Ensemble, ils forment un, un duo harmonieux qui se fond dans la musique jusqu'à se figer ensemble alors que la dernière note s'éteint.
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Alors que les lumières s'éteignent sur le passage précédent, c'est en toute discrétion que deux silhouettes prennent place sur la scène. Les lumières dévoilent alors Arya qui est accompagnée d'un jeune guitariste au pelage jaune vif. Ils saluent ensemble le public d'un regard chaleureux et chacun prend sa place ; Auron assis sur un tabouret en bois et Arya face au micro.
- Bonsoir Sétia ! C'est toujours un plaisir de retrouver la scène et surtout vous. Je tiens à vous présenter une chanson qui va figurer sur mon album, Dead or Alive, et qui sortira très prochainement. Profitez un max de cette soirée !
Assis confortablement, Auron lance
les premières notes en même temps que la luminosité s'affaiblie pour plonger la salle dans une ambiance mélancolique. Arya tient fermement le micro d'une main alors que l'autre est posée contre sa poitrine et sa voix s'élève enfin ; douce et pleine d'émotion. Sa voix semble caresser l'espoir fragile d'une attente particulière, d'un signe. Une balade lente offerte au public, comme un cri du coeur.
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In the eye of the storm... Seek the roses along the way... Bien malgré elle,
quelques larmes perlent sur ses joues, sa voix tenant les notes, sans jamais vaciller. A ses côtés,
Auron demeure imperturbable et tient à soutenir la rythmique calme et envoutante pour faire de ce moment un instant suspendu entre tristesse et confession.
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La voix de la rouge se meurt dans les notes de guitare et sonne la fin de la prestation. Les lumières ressurgissent doucement dans la salle, permettant à l'assemblée de revenir au moment présent.
- Merci à vous ! Je voulais vous présenter Auron, qui m'accompagne ce soir et qui fait désormais parti de l'équipe !
Le mâle s'approche de la scène, tire une révérence au public en arborant un sourire bien plus taquin. Il s'empare finalement du micro, passant son bras autour des épaules d'Arya.
- Héééé bonsoiiiiiiiir! Déso', on a oublié d'fournir les mouchoirs, ahahah ! J'espère qu'ça vous a plu et SURTOUT, oubliez pas d'vous ruez sur l'album qui va sortir, vous allez voir c'est une DIN-GUE-RIE. DES BISOUS !! Auron salue le public de la main et retourne dans les loges en laissant la parole à Arya.
- Et on oublie pas de remercier Dolce et Sheryl pour cet événement ! A bientôt et place à la suite !
La scène revenue au noir, à chaque première note précédant une voix qui s'élève dans l'air : un spot de lumière s'allume dans un "CLAC" sonore.
Marquant le rythme, puis, repris, par la batterie de la musique. Isaac s'avance, dans des habits victoriens déchirés, négligés, une vieille chemise à lacet ouvrant sur son torse rouge et son maquillage foncé, noir, qui, par la sueur et la légère bruine et brume qui se déverse sur scène annonçant dans son chant, une grande erreur qu'on faisait à ce moment même. Ses yeux ourlés de larmes factices, tendant une main vers le public, regardant vers les cieux de Sétia pour ce réveillon, dénonçant dans ses paroles cet amour "bafoué", que lui-même est devenu "l'ancien" d'une tradition...
Le choeur, reprend, vêtu de vêtements de temple, la tête basse, mis en lumière seulement quand ils accompagnent Isaac dans ses paroles. Isaac ne danse pas, il chante, livre, parle à ce public sans concessions, incarnant son personnage.
Et au refrain fatidique approchant, il lève un doigt à chaque élément que sa chanson a réunis jusqu'ici pour s'éteindre, brièvement, dans le silence, les bras en croix. Isaac met une main sur son coeur après avoir retiré son lourd manteau et fouille son pelage pour hérisser ce dernier, chasser la sueur et laisser de grandes traces noires sur ses joues et autour de ses yeux.
-Commencer l'année sur une telle chanson n'est pas de bon augure ! Je vous l'accorde, autant nous rappeler ce que nous préférons tous et toutes : DANSER !
La caisse claire démarre et la tête d'Isaac suit en rythme, comme désarticulée, il la roule entre ses épaules, fait un tour sur sa pointe de pieds et ainsi, toute l'énergie de la scène qu'il envahit pour ce réveillon-ci, change. Irrémédiablement, il devient diable au coeur et corps, appelant à danser, son choeur de voix devient aussi débraillé que lui, une danse plus en rythme dans le fond, et lui qui lascif et provocant image des paroles de ce titre énergisant et provocateur pour cette nouvelle année qui est sur le point de débuter.
Si il n'y a ni huile, les corps sont humides, non pas seulement par la transpiration mais, aussi, par une fausse pluie qui goutte sur la scène et une danse plus que suggestive sur les danseurs venus le rejoindre. Entre ses couplets, Isaac dévoie sa langue bifide autour de ses crocs limés, ondule de son bassin contre un danseur ou un autre avant d'entonner la suite et fin de sa chanson avec plus de sérieux. Il se penche de la scène pour toucher quelques mains des wolt présents pour écouter tous les artistes venus au gala, encore une fois.
Il lève son micro à la fin, une nouvelle révérence, trempée jusqu'aux os et bien le premier à rendre le micro à l'hôte pour qu'elle annonce le prochain invité.
Un instant passe alors que les techniciens aident à installer divers instruments.
Les musiciens sont les premiers à monter sur scène pour s'installer, suivi du chanteur Cley Santrope, un pelage sombre, presque noir, éclairé simplement par les lumières des projecteurs. Habillé d'une simple chemise crème, contrastant avec son pelage. Légèrement entre ouverte, laissant apparaître sous l'éclat des rayons de lumière de multiples tatouages et piercings.
La première note résonne dans les enceintes à travers la salle, la voix graveleuse du chanteur se joint à la mélodie pour une première chanson. Certains spectateurs connaissent déjà le refrain, chantant à tue-tête avec lui. La foule se déhanche déjà sur la musique.
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Après cette première chanson , le sombre remercie l'ensemble des invités, tout en détachant les boutons de sa chemise, qu'il laisse tomber au sol, laissant apparaître son torse. Certains hurlements d'excitation et de surprises du public arrivent jusqu'à ses oreilles souris, arrachant un sourire sur ses lèvres.
Puis une seconde musique se lance, celle ci moins connue des foules, et pourtant tous sautent et chantent avec lui.
Le chanteur ne manque pas de lâcher quelques regards et quelques sourires aux invités au pied de la scène.
Une fois le second morceau terminé, le pelage sombre remercie une nouvelle fois son public, avant de récupérer sa chemise laissée au sol, qu'il pose simplement sur son épaule, il prit soin de remercier aussi les deux organisatrices pour leur travail. Laissant ensuite place au prochain artiste en descendant de la scène.
Mauricette est assise devant la coiffeuse de la loge N°9, sur le fauteuil derrière elle, un carton rempli de papier de soie, estempillé " Talie Blackrow " trône : il contient la tenue de scène de la jeune chanteuse, conçue spécialement pour la soirée du Gala. Le stress monte, alors qu'elle peaufine les derniers traits de son maquillage, et c'est en enfilant son corset clouté que la timide Mauricette laisse place à MoRi . On toque à la porte de sa loge, c'est à elle de monter sur scène.
Les lumières sont encore éteintes lorsqu'elle prend place, et
c'est au premier son de la batterie que les projecteurs se rallument, illuminant la jeune chanteuse qui commence son numéro de chant, un morceau rock et dynamique.
Micro en main, MoRi se déchaine sur scène, sautant d'un bout à l'autre, et laissant son public scander le refrain avec elle. Les dernières notes résonnent, la scène se plonge de nouveau dans l'obscurité, seuls restes les applaudissements du public, alors que MoRi regagne sa loge, laissant la place au prochain invité.
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Ce dernier est un jeune chanteur. La première note qui s'échappe d'entre ses lèvres est une surprise pour les woltariens du premier rang.
Parce que la voix chaude et profonde comme chocolat onctueux ne semble pas du tout appartenir au jeune mâle si élégant mais aussi si... menu. Où cachait-il donc cet instrument à vent
à proportions bombastic ? Impossible à comprendre, ou à concilier la voix grave avec l'apparence du jeune.
La première note falsetto, en revanche, surprends pour d'autres raisons... malheureusement. Et en apercevant les regards qui se plissent, les bouches qui se tordent - Ryder est aussitôt désarçonné par les réactions de la foule. Parce que sa note haute avait été discordante; il était trop nerveux, et n'avait pas prêté attention au registre. Non. Nonononon ! Pas à son premier chant pour une foule qui dépassait
enfin la taille d'un bar en fin de matinée !
Attrapant le microphone d'une patte sûre, le brun ferme les yeux, son regard sanguin disparaissant pour ne laisser derrière que le croissant de lune sanglant.
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Il chasse les visions de tous ceux qui s'étaient moqués de sa mèche ridicule tout au long de sa vie. De sa grosse truffe. Ou des expressions ridicules qu'il ne peut s'empêcher d'avoir chaque fois qu'il chante, et quand il ressent les paroles jusque dans la moelle de ses os.
"T'devrais porter un sac sur la tête, p't'être qu'avec ça, t'aurais enfin un peu d'charme !? Hahahahahahahahahahahahahahahahah !"
"And I know, I know I am what I am
The mouth of the wolf, the eyes of the lamb
So darling, will you saturate ?"
Sa voix grave est amplifiée; s'élève comme un grognement de woltarien préhistorique. Primal. Le groupe de musiciens qui l'accompagne, live, avaient créé l'arrangement musical durant les répétitions. Ryder n'a encore jamais joué avec un groupe, mais l'effet était indéniablement meilleur que de chanter
a cappella en solitaire. Quel dommage que les artistes soient tous des pro, engagés par les organisatrices, et qu'un novice comme Ryder ne pourrait se permettre de solliciter à volonté.
Ryder chante avec son corps tout entier. Grimace les paroles. Ses oreilles plaquées jusque dans son cou de tension. Il déforme ses lèvres, sa truffe; langue jaillissant comme s'il était électrocuté. Laid au possible - un instrument vivant par lequel la musique passait, et cassait chaque lignes droites de son corps.
"Nobody can say for certain
If maybe it's all just a game
When I open my eyes to the future
I can hear you say my name"
La dernière note - juste un souffle d'outre-tombe:
"rain down on me..." se termine avec une fausse note finale, involontaire encore, juste parce que la chanson avait été longue et le brun n'a pas encore les poumons développés pour tenir aussi longtemps sans s'essouffler.
Mais "rien à foutre" - le mâle ne s'attarde pas sur la boulette puisque beaucoup plus important arrive enfin: LES APPLAUDISSEMENTS, rien que pour lui, et l'adulation de ceux et celles qui n'avaient pas été totalement répulsé par son apparence et ses manies.
Déjà, Ryder bondit à l'avant de la scène pour envoyer des baisers volants à toutes et à tous. Saluant la foule, et recevant l'attention en retour, bonne ou mauvaise, comme un bain de soleils inopiné en plein hiver. Prenant quelques poses pour les caméras tel une diva sur le tapis rouge. C'était peut-être la dernière fois qu'il avait la possibilité de chanter devant toute la ville, alors, autant en profiter au maximum !!
Après quelques instants, la scène est dressée pour accueillir un ensemble rock : la batterie trône au centre, fière, étincelante, une basse et une guitare déjà montées à ses côtés, un micro aux devants. Trois musiciens font leur entrée, mais sans la fanfare habituelle pour laquelle ce groupe est connu. Les mines des trois mâles, chacun vêtu d’un complet qui complimente son pelage, laissent entendre qu’il se passe quelque chose en coulisses. Et puis… leur lead manque à l’appel.
Les jumeaux Hikaru s’installent à la batterie et à la basse, l’un cherchant visiblement ses baguettes inexplicablement disparues, grimaçant ensuite devant l'état du drumkit dont il est censé se servir, l’autre exprimant une incompréhension claire devant sa basse qui ne semble pas s’accorder correctement. De son côté, Eddie s’affaire autour de l’unique guitare, les traits tout autant tirés que ceux de ses collègues. Moues théâtrales, gestuelles énervées puis lasses, soupirs, et toujours pas de lead.
Anthony débarque alors sur scène de manière assez brusque et totalement atypique lorsqu’on connaît ses foulées normalement fluides et assurées. Le bassiste et le guitariste l’embarquent dans une conversation qu’ils sont seuls à entendre pendant que le batteriste continue son manège en arrière-scène. Les haussements d’épaules dirigent la discussion chauffée, personne ne comprend ce qui arrive : il manque une guitare, des baguettes, et les instruments déjà présents ne font absolument pas l’affaire.
Le percussionniste refait alors surface en avant-scène dans un tintement de tambourine assez peu subtil, posant un cajon au sol de manière nonchalante avant de s’asseoir sur l’instrument de bois. Il tapote un rythme quelconque dessus comme s’il le testait. Les trois cordistes s’interrompent à ce moment, suivant du regard le trajet inverse du gris, allant finalement eux aussi fouiller cette fameuse arrière-scène. Eddie revient avec un nouvel instrument à cordes qui semble sortir d'un autre univers pendant que son collègue découvre l’ancêtre de l’accordéon. Ils se positionnent autour du cajon, testant leurs trouvailles. Anthony, lui, revient complètement bredouille. Il observe les trois autres clowns, un sourcil levé.
Eddie prend alors le dessus sur les autres avec quelques accords qui se veulent rock, mais qui font plutôt médiéval. Il finit par lancer un regard à ses collègues, qui haussent une fois de plus les épaules en guise de réponse. Le band ne tarde plus,
débutant le numéro avec un coup à l’unisson mené par Eddie. Les musiciens arborent tous des mines ultra sérieuses, pas la trace d’un sourire. Ces conditions ne sont point idéales, mais… Ils feront avec ce qu’ils ont.
Anthony soupire. Comment il se fait abandonner… Il se met alors à fouiller sur sa personne, comme s’il espérait vraiment trouver une solution dissimulée dans son veston. Il semble pourtant que Pala entende son désespoir, car l’ondulé fait apparaître une flûte qu’il détaille d’un oeil perplexe. Acceptant rapidement son sort, il pousse un profond soupir, sa gestuelle affirmant son exaspération. Il porte sans plus attendre le vent à ses lèvres dépourvues de sourire, le tenant de côté, rejoignant les autres instrumentistes dans cette version taverne de Through the Fire and Flames.
Le rythme se coule malgré tout une place dans les veines des artistes, chacun s’abandonnant à cette musique qu’ils créent ensemble, leurs mouvements unis ajoutant un peu de peps à leur présence sur scène alors que leurs expressions demeurent de marbre.
Le prétendu flûtiste entame sa première ligne vocale en soliste, son corps entier suivant la mélodie qu’il chante en un style très clair et articulé. Ses vocalisent portent facilement au-dessus des autres instruments sans pour autant perdre de leur douceur, comme la voix bien contrôlée d’un chanteur le ferait. Le tatoué se permet même de s’amuser sur quelques fioritures précisément stylisées, replongeant sans doute ceux qui avaient assisté à la soirée Halloween dans un mood aventurier et enchanteur. Ce n’était d'ailleurs pas trop éloigné des festivités présentes qui marquaient le dernier chapitre d’une grande aventure, et les premières pages de la prochaine.
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Malgré les têtes totalement stoïques des simili-bardes, il est facile de comprendre qu’au fond, ils s’amusent tout autant que si c’était une de leurs prestations régulières. Comme toujours, Anthony est celui qui tient le moins en place même s’il se montre beaucoup plus statique qu’à son habitude. Son corps entier participe à la performance, comme s’il n’est qu’une extension de la flûte. L’énergie des artistes déborde dans cette musique aussi joviale que dansante, invitant les convives à imiter les wolts qu’ils ont en face et se laisser aller le temps d’une pièce. C’est la fête, l’occasion de lever un verre, de bouger !
Après avoir bien établi le thème, le band tombe dans un silence entrecoupé de rythme où la flûte occupe l’espace sonore, ouvrant la porte vers le solo de la seule corde restante avant qu’elle ne lui cède à nouveau la place. La pièce est finalement portée sur une conclusion verticale et coupée sec regroupant tous les instruments, leur dernière note résonnant encore quelques secondes dans la salle sous l’effet du dôme.
Les musiciens prennent leurs positions naturelles de repos, se jetant des regards peu impressionnés, hochant néanmoins la tête à tour de rôle. Ça passe. Ils sortent tous de scène avec le même sérieux incassable, revenant ensuite sans leurs instruments pour recevoir les applaudissements. Ils peuvent enfin afficher leurs réelles expressions : de grands sourires reconnaissants.
Sur scène, les musiciens suivants s’installent avec cette précision cérémonielle qui les caractérise quand l’émotion menace de déborder.
Yamaha s’avance le premier. Sa peau violette accroche l’or comme une aube étrange, et ses yeux verts restent calmes, comme un ciel d’hiver résolu à ne rien laisser percer. Il ajuste sa sangle, effleure ses cordes et fixe un accord qui tremble avant de s'ancrer. À ses côtés, sa sœur Quinny pose ses doigts sur un clavier nacré. Elle ne regarde pas encore le public ; elle écoute déjà l’intérieur du morceau, puisant dans un souvenir qu’elle refuse de nommer.
D’autres silhouettes prennent place : des woltariens aux teintes lilas ou cendrées, visages pailletés d’argent et mains sentant la résine. Une batterie chromée brille comme un mécanisme sacré, tandis qu'un violoncelle électrique, noir et balafré d’un fil d’argent, attend son heure.
Et puis Shãron arrive.
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Elle ne surgit pas : elle apparaît, comme si l’ombre se détachait du décor. Sa peau sombre boit les reflets. Ses yeux verts coupent l’or de la salle d’un seul regard. Elle s’arrête au centre, devant le micro, et le silence se tend jusqu'à rompre.
Elle inspire. La première note sort d'elle comme un aveu.
Sa voix ne cherche pas la beauté, mais la nécessité ; elle chante comme on prie sans y croire, pour empêcher une blessure de saigner. Le rythme, lent et lourd, rampe sous la peau. Yamaha maintient le tempo avec une simplicité tranchante, tandis que Quinny tisse des halos argentés autour de cette voix de vaisseau, l'enveloppant pour mieux la retenir.
Shãron chante ce qui s'invite dans l'esprit avant le sommeil : l'absence, l'obsession, cette promesse qui mord. Sous ses mots, la salle brillante devient un piège ; l'or se change en barreaux et l'argent en eau glacée.
Le batteur d'OMBRE, masqué, frappe sec. C'est une procession. Yamaha, penché sur son instrument, semble refuser de voir ce que la chanson exige, alors que
Quinny lève la tête, captant dans ses yeux bleus la ligne fine entre la demande et la supplication.
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La voix de Shãron s'élargit enfin comme une marée. Elle ne réclame pas l'amour, mais la preuve : ce qui coûte, ce qui brûle. Yamaha change de jeu, ses accords deviennent nerveux, et Quinny ouvre des trous d’air où la voix peut s’engouffrer et plonger sous le vernis du décor. Shãron met au défi, habitée par une force qui la dépasse. Elle chante le sacré avec de la boue sur les doigts. Autour d'elle, l'or devient un incendie et le décor une couronne trop lourde.
Au sommet de l'explosion, elle laisse finalement tomber un souffle. Un fil de voix. Une ligne tracée au sol entre le confort et la vérité. Yamaha lève enfin les yeux, ses pupilles vertes rencontrant celles de Shãron dans une fraction de seconde de compréhension pure. Puis, la marée se retire. Shãron recule d'un pas, laissant le dernier son mourir.
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La transition s'opère dans un souffle.
Tandis que Shãron s'efface, c'est Quinny qui s'avance vers le micro. Le silence se fait nouveau, dense et solennel. Yamaha, dans un mouvement fluide, rejoint sa batterie. Il ne s'agit plus de retenir l'ombre, mais de libérer la lumière.
Quinny inspire et chante.
Sa voix s’élève, claire, traversant l’espace comme une lame douce. Chaque syllabe semble plier la lumière pour ouvrir une faille dans l'instant. Derrière elle, Yamaha est déjà en mouvement, son corps épousant un rythme qui naît de ses baguettes précises. La batterie devient un cœur battant, massif, une certitude qui résonne jusque dans les os du public.
Les jumeaux se comprennent sans se regarder, liés par une harmonie ancienne. Quand Quinny allonge une note, Yamaha l’accompagne ; quand la batterie s'alourdit, la voix gagne en urgence. Ils se portent mutuellement. Autour d’eux, le reste des musiciens vibre : le bassiste trace des racines d’argent, et les synthétiseurs déploient des voiles d’or qui soutiennent la mélodie sans jamais l'étouffer.
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Le décor lui-même semble respirer. Les murs renvoient des vagues chaudes, l'argent éclate à chaque montée vocale. La foule disparaît, fondue en une seule masse captivée. Le temps se dilate dans ce présent absolu. Quinny chante plus fort, une confession lancée vers l'immensité, portée par un dernier enchaînement de batterie, puissant et solennel.
Quand la note finale résonne, elle reste suspendue. La scène demeure immobile, figée dans cet instant de grâce où le monde hésite à reprendre son souffle. Puis, très lentement, la réalité revient.
Minuit approche dangereusement alors que la scène est débarrassée de ses instruments. Une silhouette apparaît, et c'est Dolce qui est enfin de retour, micro à la main.
-Rebonsoir, mes amis ! Nous allons procéder au tirage de la tombola avant que minuit ne sonne ! J'espère que vous vous êtes tous bien amusés ! Nos artistes vous raviront encore après minuit, si vous n'êtes toujours pas fatigués !
Une immense urne arrive sur scène, apportée par deux techniciens. Dolce y plonge le bras dix fois au total, et annonce les noms tirés au sort :
Esthya Gash, Saphir Chien, Violaine Lied, Bleue Cerise, Kozan Logan Trawolta, C-J Howell, Amarilÿs Mystère, Oryanna Rosberg, Kostas Sekhem et Varn Njima. Les woltariens furent invités à rejoindre Dolce au bas de la scène pour qu'ils puissent régler les détails entre eux.
Après quelques instants, un écran géant descend sur scène, que ça soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Un compte à rebours apparaît. Il est 23h59. Les secondes défilent... Il ne reste que 10 secondes avant le passage à la nouvelle année. Le public entonne le compte à rebours ensemble, de plus en plus fort et... Minuit sonne sous
les détonations d'un immense feu d'artifice. Les invités s'embrassent, se souhaitent une bonne année alors que la maîtresse de cérémonie s'éclipse, laissant la liesse ambiante s'emparer de tout ce beau monde.
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[Crédit dessin : MinEevee, Abiche, Cardya, Euphrate, Démosthène, Suzuka, Poungou, Vyo. Certaines illustrations ont été réalisées à partir de l'IA.]
[Crédit textes : Abiche, Cardya, Euphrate, Démosthène, Suzuka, Mysti, Poungou, Vyo, Merry, Haku, Kachea, Ciana, Flo, Miloupinette, Phoenix, DreamingTrue, Leila, Louloutre.]
[Remerciements relecture : Miloupinette, Pixie, Abiche]